Blessure de l'aine au hockey

Publié par Mathieu Gosselin — le jeudi 15 octobre, 2015 à 00:00

Une blessure à l’aine est chose courante pour les sportifs de tous niveaux et particulièrement pour le hockeyeur, pour qui elle représente la blessure non traumatique la plus fréquente.

Il est estimé qu’environ 13 à 20 % des joueurs de hockey présenteront des douleurs à l’aine au cours d’une saison. Ce type de douleur s’installe habituellement de façon sournoise et progressive jusqu’à limiter l’activité sportive comme telle. Les causes peuvent être multiples et l’origine est fort probablement multifactorielle.

Blessure à l'aine

La région de l’aine étant très complexe, elle renferme une multitude de structures qui peuvent  provoquer les douleurs. Traditionnellement, les muscles adducteurs sont  souvent pointés du doigt comme coupables. Toutefois,  sans traumatisme les impliquant directement, il est peu probable qu’ils causent les douleurs. Un accrochage au niveau de la hanche, un manque de stabilité dynamique ainsi que des déséquilibres musculaires peuvent être dans les causes possibles des douleurs de l’aine.

Lorsque le sportif présente ce type de douleur, aussi banales peuvent-elles lui sembler, il devrait automatiquement consulter un physiothérapeute pour une évaluation et débuter un programme de rééducation. Les athlètes qui endurent la douleur risquent de développer des blessures chroniques qui peuvent  aller jusqu’à la déchirure des muscles abdominaux chez les athlètes de hauts niveaux.

Pour ce qui est de la prévention de ce type de blessure à l'aine, deux éléments ont démontré leur efficacité dans la littérature :

  1. Une bonne préparation physique lors de l’entre-saison ;
  2. Un bon équilibre musculaire au niveau de la hanche et de la région lombo-sacrée.

L’entraînement hors glace devrait comporter des exercices de stabilisation au niveau lombo-sacré et de la hanche et une attention particulière devrait être portée au  bon alignement dynamique des membres inférieurs. Ainsi, consulter un entraîneur certifié est un atout important dans la préparation du joueur de hockey en vue de sa saison.

Plus particulièrement au niveau de la hanche, les muscles adducteurs se doivent d’être spécialement forts pour être en mesure de résister aux forces excentriques lors du patinage. En passant d’une vitesse de 12 à 24 km/h, la charge des adducteurs augmente de 256 %, ce qui en fait le groupe musculaire ayant la plus grande augmentation de force relative. Ainsi le mouvement répété de patinage semble être à la base d’une certaine sur-utilisation qui prédispose l’athlète à un déséquilibre. Trop souvent, les adducteurs ne sont pas assez forts pour contrer le moment de force d’abduction lors de la poussée au patinage. La force de ces muscles se doit d’être au minimum 80 % celles des abducteurs. Un tel ratio en début de saison diminuerait de 17 fois la chance de se blesser à la région de l’aine.

Pour ce qui des étirements, une bonne souplesse musculaire n’a démontré aucun effet protecteur contre ce type de douleur. Ce résultat concorde donc avec l’hypothèse du débalancement  ou d’une instabilité dynamique due à un manque de contrôle musculaire. Votre physio est donc le professionnel de choix pour vous aider à contrer la blessure de l’aine.

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