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Conditions

La luxation d’épaule (épaule disloquée)

La luxation d’épaule (épaule disloquée), plus communément appelée « dislocation », consiste en la perte de contact partielle (subluxation) ou complète entre l’humérus et la surface articulaire de l’omoplate. Dans la majorité des cas, la tête de l’humérus se luxe en se déplaçant devant la surface articulaire de l’omoplate. Plus rarement, généralement dans les cas de laxité ligamentaire généralisée ou d’atteinte neurologique, celle-ci peut se déplacer en postérieur ou en inférieur. Lors de la luxation, plusieurs structures de l’épaule peuvent être lésées. En effet, il est commun de retrouver des déchirures ligamentaires, des déchirures du labrum (replis cartilagineux qui contribue à la stabilité de l’épaule) ou des fractures des surfaces articulaires.

 

Qui est touché par cette blessure?

Tout le monde peut subir une luxation, mais les jeunes (moins de 30 ans) sont généralement plus touchés en raison de leur plus grande propension à présenter une certaine laxité ligamentaire. Les individus souffrant d’atteintes neurologiques avec modification du tonus musculaire (ex : AVC) ainsi que ceux qui pratiquent des sports de contacts ou des activités dangereuses en sont également plus souvent victimes.

 

Comment ça se produit?

La luxation d’épaule peut se produire par deux types de mécanismes. D’abord, il y a les luxations traumatiques, qui peuvent survenir suite à une mise en échec au hockey, à un accident de voiture, à une chute avec appui sur le bras tendu ou lors de tout impact/traction excessive sur l’humérus. Ensuite, il y a les luxations non-traumatiques, qui se produisent lors de mouvements banals chez les individus souffrant de laxité ligamentaire (ligaments plus élastiques que la normale) ou ayant une atteinte neurologique. Chez cette clientèle, la luxation peut survenir dans les activités quotidiennes, notamment en lançant une balle, en s’appuyant sur la main avec le bras tendu, en s’étirant dans un mouvement au-delà des amplitudes articulaires normales, par une pression sur la tête humérale, par une légère traction sur le bas, etc.

 

Quels sont les symptômes?

Pour une luxation complète : Cette blessure implique une douleur très intense au niveau de l’épaule, une déformation visible de l’articulation et une incapacité importante à effectuer tout mouvement avec l’épaule. La luxation cause souvent un spasme musculaire important, rendant la réduction sans anesthésie plus ardue. Dans certains cas, il peut y avoir certains signes inflammatoires (rougeur/chaleur) à l’épaule en cas de déchirure de certaines structures. La luxation peut également entrainer des engourdissements du membre supérieur atteint si la tête humérale fait pression sur un vaisseau sanguin ou sur un nerf.

Pour une subluxation : Symptômes plus subtils, douleur intense ou seulement un inconfort si les subluxations sont chroniques, l’individu touché rapportera une sensation que l’os s’est déplacé, mais la tête humérale reprendra sa place par elle-même en ayant seulement étiré les ligaments. Il n’y a généralement pas de signes inflammatoires. Les mouvements de l’épaule peuvent être limités par la douleur. Il est possible qu’il en résulte un spasme aux muscles de l’épaule et de l’omoplate.

 

Quel est le traitement?

Pour une luxation complète, qui ne s’est pas réduite spontanément :

Consultation immédiate à l’urgence pour réduction de la luxation (replacement de l’articulation en position normale). L’urgentologue demande généralement une radiographie pour préciser la gravité de l’atteinte et afin d’assurer qu’il n’y ait pas de fracture, puis la réduction sera effectuée avec la prise d’analgésiques, avec ou sans anesthésie.

Après la réduction, il se peut que le médecin vous réfère en orthopédie pour établir le plan de traitement approprié à votre condition, selon les structures atteintes. Certains cas peuvent nécessiter une chirurgie pour éviter des récidives de luxations dans le futur. Il y aura également la prescription d’une attelle pour immobiliser le bras durant quelques jours. Finalement, les patients sont référés en physiothérapie afin d’obtenir une réadaptation qui comprendra un programme d’exercices de stabilisation de l’articulation, de contrôle moteur et de renforcement des muscles faibles. Le physiothérapeute pourra finalement accompagner l’individu dans sa reprise du sport si nécessaire.

Pour une subluxation ou une luxation qui s’est réduite sans intervention médicale :

Pour ces atteintes, il n’est pas nécessaire de se rendre à l’urgence. En cas de douleur, vous pouvez utiliser une écharpe pour immobiliser le bras atteint près du corps pour quelques jours, et vous pourrez consulter un pharmacien pour obtenir la médication appropriée pour le contrôle des symptômes. Cependant, il sera important de consulter un physiothérapeute rapidement, puisqu’une subluxation/luxation entrainera souvent une instabilité articulaire qui augmente grandement le risque de subir une deuxième luxation dans le futur, surtout chez les moins de 30 ans. Le physiothérapeute vous prescrira un programme d’exercices adapté à vos besoins, et pourra établir la pertinence de consulter un orthopédiste en cas d’instabilité importante. Finalement, comme dans le cas précédent, il pourra vous accompagner dans une reprise sécuritaire du sport.

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